AU CŒUR DU WASHI
On croit généralement que la résistance d'un morceau de papier est due à son épaisseur. La réalité est autre : sa résistance est due à la longueur et à la qualité des fibres utilisées pour sa fabrication. En Amérique du Nord, la fibre utilisée provient majoritairement des arbres et dans le processus de fabrication de la pâte, les fibres sont taillées en petits morceaux.
Le kozo est la fibre plus utilisée car elle est la plus résistante; elle provient du mûrier. Ces arbustes sont cultivés sur une ferme et se régénèrent annuellement; les forêts sont ainsi épargnées.
Le mitsumata est plus dispendieux à produire car il prend plus de temps à pousser. Cette plante est indigène au Japon et est aussi cultivée.
Le gampi possède un lustre naturel. On l'utilise souvent pour fabriquer des tissus très minces qui servent à protéger des livres et pour des techniques d'impression telle la chine collé. Le gampi possède un empois naturel qui empêche l'encre ou la peinture de couler, de 'saigner'.
On utilise parfois d'autres fibres comme le chanvre, l'abaca, la rayonne, le crin de cheval, des feuilles d'argent et d'or pour la fabrication du papier; on incorpore parfois celles-ci aux fibres principales afin de créer un effet visuel.
COMMENT FABRIQUE T-ON LE WASHI?
La fabrication du washi exige beaucoup de dévotion, de patience et d'énergie physique. Ce sont probablement ces raisons qui expliquent que seuls les Japonais s'aventurent dans un processus si exigeant.
CARACTÉRISTIQUES DU WASHI
Chaleureux—Le washi est d'une grande douceur et procure une sensation de chaleur et de bien-être chez celui qui le touche; cette sensation de plaisir est accrue par les superbes barbes du papier qui sont la signature du papier japonais fabriqué à la main.
Utilisations du Washii. . .
Le washi est différent. La fibre provient de trois plantes différentes dont l'intérieur de l'écorce donne des fibres plus longues que celles des arbres; par un travail laborieux et rigoureux, on extrait les fibres à la main afin de préserver leur longueur naturelle. Ces trois plantes sont le kozo, le mitsumata et le gampi.
Ce processus s'étend sur plusieurs étapes. Premièrement, on taille les branches du kozo, du mitsumata ou du gampi, on les met à tremper et ensuite on retire manuellement l'écorce de la branche. Puis, on sépare l'écorce interne, qui est à la fois malléable et résistante, du reste, pour ensuite la nettoyer, la broyer et l'étirer. On ajoute la fibre broyée à une solution liquide; combinés au tororo-aoi (racine d'hibiscus fermentée), ces deux ingrédients se transforment en une substance pâteuse. On étend ensuite cette pâte sur une grille maillée faite de bambou (nommée su) jusqu'à ce qu'elle soit répartie uniformément sur la grille et forme ainsi une feuille de papier. Les feuilles, encore humides, sont empilées les unes sur les autres. Plus tard, on les étend sur une planche de bois pour les faire sécher, soit à l'extérieur au soleil ou à l'intérieur sur un séchoir chauffant.
Consistance—À cause de la longueur des fibres utilisées, le washi est extrêmement résistant. Autrefois, on revêtait l'intérieur des armures avec du washi fabriqué avec des fibres de haute qualité.
Résistance—Le washi est très malléable lorsqu'il est humide; il s'avère un excellent choix pour le papier mâché et la gravure à l'eau forte.
Capacité d'absorption—Le washi absorbe instantanément l'encre et la teinture, donnant ainsi un éclat particulier aux couleurs lors de l'application des teintures et de l'aquarelle.
Flexibilité—Puisque les fibres se positionnent de manière aléatoire sur la feuille, on ne peut parler de grain à proprement dit en ce qui concerne le washi. C'est ce qui donne au papier une résistance accrue au plissage, au chiffonnage et à la déchirure. À cause de cette propriété, on l'utilise, tel un tissu, pour couvrir les livres et les boîtes.
Légèreté—À épaisseur égale, le washi est plus léger que les autres papiers. Les livres imprimés sur washi présentent un aspect raffiné et élégant.
Faible teneur en acidité—Les papiers japonais fabriqués de manière traditionnelle sont totalement exempts de matières acides lorsqu'ils ont été faits sans agents de blanchiment et sans apprêt. Au Japon, il existe encore des papiers imprimés millénaires qui sont dans un état de conservation impeccable. Les washi provenant du village de Kurotani est considéré comme étant un des meilleurs.
Décoration—Le chiyogami, un art vieux de plusieurs siècles, consiste à créer sur papier différentes figures colorées à l'aide de blocs de bois applicateurs et de stencils découpés manuellement. Une vaste sélection de ses feuilles est disponible sur le march. Bien que fabriquées à l'aide de machines, ces feuilles contiennent environ 70% de kozo.
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